Secteurs inadmissibles au Programme des entrepreneurs du Québec : attention à l’immobilier
Lorsque vous déposez un projet dans le cadre du Programme des entrepreneurs du Québec, l’admissibilité ne dépend pas uniquement de votre expérience ou de votre capacité financière.
Le secteur d’activité joue un rôle déterminant.
Certains secteurs sont explicitement exclus par la réglementation québécoise. Votre entreprise ne doit pas exercer ses activités dans les domaines suivants :
Prêts sur salaire, encaissement de chèques ou prêts sur gage
Production, distribution ou vente de produits pornographiques ou sexuellement explicites, ainsi que les services liés à l’industrie du sexe
Commerce, location, courtage, développement ou aménagement dans le domaine de l’immobilier
Les deux premiers secteurs sont généralement simples à identifier et rarement au cœur de projets d’immigration d’affaires sérieux.
En revanche, le secteur immobilier constitue l’une des causes qui peuvent être mal interprétées…
Chez Immigration CAST, nous constatons certains des entrepreneurs expérimentés dans l’immobilier présentent des projets solides financièrement, mais incompatibles avec les règles du programme.
Voici donc un éclairage clair et opérationnel.
L’immobilier : un secteur explicitement inadmissible
Sont exclus les projets qui relèvent du champ suivant :
« Commerce, location, courtage, développement ou aménagement dans le domaine de l’immobilier »
Autrement dit, dès que l’activité principale repose sur la détention, la transaction, la mise en valeur ou l’exploitation d’actifs immobiliers, le projet devient inadmissible.
Ce n’est pas le titre du poste ni la structure juridique qui déterminent l’analyse, mais bien :
la nature réelle des activités,
la source des revenus,
et la finalité économique du projet.
1. Commerce immobilier (achat / revente)
Sont inadmissibles :
Achat d’immeubles résidentiels pour revente (flipping)
Achat d’immeubles commerciaux pour revente
Sociétés de marchand de biens
Entreprises d’investissement immobilier axées sur la revente
Portefeuilles immobiliers dont l’objectif est la disposition d’actifs
Holdings immobiliers dont le revenu principal provient de transactions immobilières
Même sans construction, acheter pour revendre est exclu.
2. Location immobilière (résidentielle ou commerciale)
Sont inadmissibles :
Location de logements résidentiels
Multiplex, immeubles locatifs, condos
Location commerciale (bureaux, commerces, entrepôts)
Sociétés propriétaires de parcs immobiliers
Location à court terme (Airbnb, VRBO, etc.)
Résidences locatives avec ou sans services
La détention et la location d’immeubles sont inadmissibles, même de façon passive.
3. Courtage immobilier
Sont inadmissibles :
Courtage résidentiel ou commercial
Agences immobilières
Intermédiation achat/vente
Courtage hypothécaire directement lié aux transactions immobilières
Réseaux ou franchises de courtage
Toute activité d’intermédiation immobilière est exclue.
4. Développement immobilier
Sont inadmissibles :
Promotion immobilière
Développement résidentiel, commercial ou industriel
Construction pour revente
Projets immobiliers intégrés
Multilogements et complexes mixtes
Le rôle de promoteur suffit, même si vous ne construisez pas vous-même.
5. Aménagement immobilier et foncier
Sont inadmissibles :
Lotissement de terrains
Viabilisation
Développement foncier
Aménagement urbain privé lié à l’immobilier
Mise en valeur de terrains pour construction future
L’aménagement lié à l’immobilier est exclu, même en amont.
Important : toutes les entreprises avec une composante immobilière ne sont pas inadmissibles
Il est essentiel de faire une distinction stratégique.
Certaines entreprises peuvent détenir ou exploiter un immeuble dans le cadre de leurs opérations, sans que leur activité principale soit immobilière.
Par exemple :
Un hôtel ou une auberge dans l’industrie touristique
Un centre de villégiature
Un restaurant propriétaire de son bâtiment
Une entreprise manufacturière opérant dans un immeuble lui appartenant
Dans ces cas, l’immeuble est un outil d’exploitation, et non l’objet principal de l’activité.
👉 Ce qui est inadmissible, ce n’est pas la propriété d’un immeuble.
👉 Ce qui est inadmissible, c’est d’en faire le cœur du modèle d’affaires.
La clé est donc d’analyser la finalité économique réelle du projet.
Conclusion
L’immobilier demeure l’un des principaux enjeux du Programme des entrepreneurs du Québec.
Un projet peut être rentable, structuré et générateur d’emplois, tout en étant inadmissible sur le plan réglementaire.
À l’inverse, un projet comportant une composante immobilière peut être admissible si son activité principale relève d’un secteur économique productif, comme le tourisme, la restauration, la fabrication ou les services spécialisés.
Avant d’engager des ressources importantes, une validation stratégique de l’admissibilité sectorielle est essentielle.
Chez Immigration CAST, nous accompagnons nos clients pour :
analyser les zones grises,
repositionner des profils immobiliers,
structurer des projets conformes aux exigences du Québec.
En immigration d’affaires, la conformité précède toujours la croissance.